Le journaliste Claude Rabuteau (me semble-t-il au service), rédacteur de l’article illustrant ce « tweet », explique par le menu comment, pendant cet événement « notre pauvre députée a commencé par essuyer une déferlante de propos à la limite de l’injure quand il ne s’agissait pas de propos racistes ». Et de continuer : « nos visiteurs syndicalistes ont alors quasiment monopolisé les questions, la plupart du temps se livrant à un véritable réquisitoire sans fin (et sans saveur ?) contre le président Macron et son gouvernement. » Il faut bien vous l’avouer, je n’étais pas à Souillac ce jour-là (même si j’avais pensé un moment y aller) à manifester, à cette occasion, contre la politique de ce Président. Je ne sais donc pas si réellement des propos misogynes ou racistes ont été tenus, mais si cela a été le cas je les condamne sans réserve. Par contre, j’aurais bien volontiers participé à toute forme de critique, bruyante, mais joyeuse (banderole, cris, chant, corne de brume, etc.), de la politique soutenue par ma députée.

Huguette Tiégna (LREM) est bien arrivée en tête du second tour
devant Vincent Labarthe (Parti socialiste, depuis recyclé à la tête du Grand-Figeac) avec 53,25 % des exprimés (15 985 voix). À noter que seulement 24,46 % des électeurs de cette circonscription l’ont désignée. La raison de ce faible score est certainement à rechercher dans l’importance de l’abstention et des votes blancs et nuls. Il est vrai que ce scrutin ne présentait pas un grand intérêt. Il s’agissait, en ce second tour, de choisir entre 2 candidats se proposant (à quelques variantes près) de soutenir la même politique néolibérale. Rappelons, si besoin est, que le nouveau Président de celle-là était le ministre des Finances de l’ancien Président de cet autre. Ceci étant, au final, elle devient donc députée de ma circonscription ! À l’Assemblée nationale, il faut bien reconnaître qu’elle vote, comme ses petits camarades, les projets qu’on lui demande d’approuver. À ce titre, elle est coresponsable de la mise en œuvre de cette politique que, moi et nombreux de mes concitoyens, ne faisons pas notre et combattons.

Dois-je en rappeler les points forts : un pouvoir de plus en plus présidentiel (jupitérien ?), des cadeaux à nos amis les riches, toujours plus de sacrifices pour les plus pauvres, une casse systématique des services publics, un démantèlement du Code du travail, aucune décision majeure contre le réchauffement climatique, une précarisation des gens, des privatisations à marche forcée, une loi asile et immigration désastreuse, les mêmes magouilles qu’avant (cf. affaire Benalla), etc. ? Avec comme résultat : rien ! Le nombre de chômeurs stagne et augmente un peu, la misère touche de plus en plus de personnes, etc. Une seule bonne nouvelle dans cette tragédie, le montant des dividendes versés aux actionnaires des grandes entreprises progresse !

Dès lors, comment s’étonner que notre députée soit « bousculée » lors de ce pseudo compte-rendu de mandat ? Au palais Bourbon, elle est une parlementaire « godillot » comme les autres de son groupe. Elle a tout voté, « bien comme il faut ». Localement elle a distribué la « bonne parole présidentielle », elle a écouté les gens qu’elle a reçus, dit qu’elle allait parler au Préfet des problèmes soulevés, etc. Un jour ou l’autre, il faudra bien qu’elle comprenne que, puisqu’elle assume, porte, défend la politique de Macron, par voie de conséquence, ses adversaires la chahutent ! Dans un récent article (31 juillet 2018) intitulé « L’affaire Benalla est bien une affaire Macron », Edwy Plenel explique : « Faut-il rappeler qu’un des droits démocratiques fondamentaux qui s’imposent aux détenteurs momentanés de la représentation nationale, fût-ce le premier d’entre eux, est le droit de tout citoyen de manifester ses opinions, de les exprimer dans la rue et en public ? »

Pour en terminer je voudrais vous dire ma stupéfaction, voire ma consternation, de surprendre une députée (entourée de 4 assistants) écrire dans son message cette phrase : « Finir au bûcher telle Jeanne d’Arc ou pas je continue ! ». Dans quel monde vit cette femme ? Que vient faire « la pucelle » dans cette histoire ? Jeanne d’Arc, personnage mythique du 15e siècle, brûlée par des intégristes catholiques, bientôt plus honorée que par le Front National et quelques fachos d’un autre âge, trouverait ainsi « une seconde vie » dans l’imagerie symbolique d’une parlementaire du Lot ? Elle va donc continuer à « bouter l’insoumis syndicaliste CGT hors du Royaume », même si le prix à payer c’est le bûcher ? C’est bien cela, le message fort de cette élue de la République ?

Ne soyez pas ridicule Madame, personne ne souhaite votre mort. Si Gérard Colomb pouvait avoir la même bienveillance que mes amis et moi avons à votre égard, il y aurait moins de cadavres d’êtres humains au fond de la méditerranée...

Par contre l’année prochaine, lors de votre prochain compte-rendu de mandat, si vous le faites dans une commune pas trop éloignée de mon domicile (je ne suis plus tout jeune), je vous promets de venir avec mes banderoles et une corne de brume, me mêler aux autres manifestants...

Les Liens :