1. « De Dingen die Voorbijgaan » (« les choses qui passent ») de Ivo Van Hove.



Le 15 juillet et c’était, pour nous, l’inévitable pièce d’Ivo Van Hove dans la cour du Lycée Saint-Joseph. Cette année, il avait décidé de monter un texte d’un auteur néerlandais Louis Couperus sur « le poison des secrets de famille ». Au centre, un très vieux couple attendant la mort. Autour d’eux leurs enfants et petits-enfants, dont l’un va se marier, les oncles et tantes et le médecin de famille. Comme fil conducteur cet « horrible secret » que tout le monde est censé ignorer, mais qui est là, et dont il faut se libérer.

Sur le plan graphique, c’est, comme d’habitude avec Ivo Van Hove, magnifique et glacial. Imaginez : devant vous la scène, rectangulaire et claire. Au fond, en lieu et place d’un rideau, c’est un miroir qui vous renvoie l’image du public. À gauche, comme à droite, une rangée de chaises parfaitement alignées où se tiendront les acteurs. Ils sont tous habillés en noir et on a donc du mal à les identifier et à savoir qui parle (sonorisation oblige).

On a vite compris que ce secret de famille pourrit la vie de tout le monde. Mais comme on n’est plus dans ce genre de société bourgeoise, austère et coincée, avec leurs histoires taboues, on s’en fout. En plus, c’est en néerlandais, sous-titré et ça dure 2 h 10 ! Il faut bien admettre que l’on s’ennuie, même si c’est beau...

Distribution :
  • Avec : Katelijne Damen, Fred Goessens, Janni Goslinga, Aus Greidanus jr., Abke Haring, Robert de Hoog, Hugo Koolschijn, Maria Kraakman, Majd Mardo, Celia Nufaar, Frieda Pittoors, Luca Savazzi, Gijs Scholten van Aschat, Bart Slegers, Eelco Smits.
  • Texte : Louis Couperus.
  • Adaptation : Koen Tachelet.
  • Mise en scène : Ivo Van Hove.
  • Dramaturgie : Peter Van Kraaij.
  • Chorégraphie : Koen Augustijnen.
  • Musique : Harry de Wit
  • Scénographie, lumière : Jan Versweyveld.
  • Vidéo : Theunis Zijlstra.
  • Costumes : An D’Huys.
  • Production : Toneelgroep Amsterdam, Toneelhuis.
  • Coproduction : Ruhrtriennale.

2. « Tartiufas » (Tartuffe de Molière) de Oskaras Koršunovas.




Le lendemain, le 17 juillet nous voilà dans un lieu provisoire « L’opéra confluence » (le théâtre de la ville est en travaux) pour un spectacle à l’opposé de celui de Ivo Van Hove. Pour ce « Tartuffe » de Molière en lituanien sous-titré, ont est dans le « foutraque », le « déjanté », l’explosé « façon puzzle ».

Sur le plateau, légèrement en pente face à la salle, un labyrinthe végétal style jardin à la française, avec du mobilier moderne, des écrans, et sur le coté un pianiste. En fond de scène, un écran nous permettra de voir, au fur et à mesure du déroulement de la pièce, des séquences tournées en direct dans les loges, dans la rue et sur scène.

Ce traitement moderne, fait de Tartuffe non pas un intégriste religieux, mais un homme politique, « un bonimenteur des temps modernes » (le qualifie le critique du Monde) particulièrement communiquant. « Sommes-nous au théâtre, dans un jeu vidéo ou une émission de téléréalité ? » Koršunovas, en traitant le Tartuffe ainsi, « s’attaque à notre société gangrénée par les faux dévots modernes qui n’ont d’yeux que pour le “dieu argent” et usent de propagande, manipulation ou corruption pour atteindre leur but ».

Seule entorse au texte de Molière, Koršunovas coupe la fin et laisse Tartuffe triompher en faisant le salut nazi, pendant que l’écran vidéo montre la famille d’Orgon quittant le théâtre dans les rues d’Avignon (pour mémoire, dans les dernières scènes, un envoyé du Roi rétablit Orgon dans ses droits et jette l’imposteur en prison). Cette fin est plus conforme à la réalité d’une société où la concurrence est la règle.

Pour ma part, j’ai bien aimé ce traitement du « Tartuffe » même si les puristes ont dû pousser des « hauts cris » !

Distribution :
  • Avec : Remigijus Bučius, Kęstutis Cicėnas, Vesta Grabštaitė, Darius Meškauskas, Eimantas Pakalka, Agnieška Ravdo, Rasa Samuolytė, Giedrius Savickas, Nelė Savičenko, Salvijus Trepulis, Toma Vaškevičiūtė.
  • Piano : Joris Sodeika.
  • Texte : Molière.
  • Traduction : Aleksys Churginas.
  • Mise en scène : Oskaras Koršunovas.
  • Chorégraphie : Vesta Grabštaitė.
  • *Musique : Gintaras Sodeika.
  • Scénographie : Vytautas Narbutas.
  • Lumière : Eugenijus Sabaliauskas.
  • Vidéo : Algirdas Gradauskas.
  • Costumes : Sandra Straukaité.
  • Assistanat à la mise en scène : Antanas Obcarskas.
  • Production : Lithuanian National Drama Theatre.
  • Avec le soutien du Ministère de la Culture de Lituanie.

3. « Arctique » de Anne-Cécile Vandalem.


Le jour d’après, le 18 juillet, nous avions choisi de terminer notre semaine avignonnaise, par le spectacle de Anne-Cécile Vandalem intitulé « Arctique » dans ce nouveau lieu qu’est la « FabricA ». Cette idée me plaisait bien, cette pièce nous était vendue comme un acte militant sur fond de lutte contre le réchauffement climatique.

Au lieu de cela, nous étions embarqués dans une espèce de mauvaise série télé mêlant théâtre et cinéma, censée se dérouler en 2025, dans les entrailles d’un ex-luxueux paquebot de croisière, à la dérive entre Danemark et Groenland. Comme personnages on nous colle une ancienne ministre du Groenland, son ex-conseiller, une activiste écologiste, un journaliste, la veuve d’un homme d’affaires, le commandant du bateau et une adolescente. Tous cherchent à savoir qui les a mystérieusement réunis là et pourquoi... Le summum du mauvais goût fut l’apparition d’un faux ours blanc dans les coursives du navire...

Si on n’a que ce mauvais spectacle pour nous convaincre de militer contre le réchauffement climatique on est mal, très mal...

Distribution.
  • Avec : Frédéric Dailly, Guy Dermul, Éric Drabs, Véronique Dumont, Philippe Grand’Henry, Epona Guillaume, Zoé Kovacs, Gianni Manente, Jean-Benoît Ugeux, Mélanie Zucconi.
  • Texte et mise en scène : Anne-Cécile Vandalem.
  • Dramaturgie : Nils Haarmann, Sarah Seignobosc.
  • Musique et son : Pierre Kissling.
  • Scénographie : Ruimtevaarders.
  • Lumière : Enrico Bagnoli.
  • Vidéo : Federico D’Ambrosio.
  • Costumes : Laurence Hermant.
  • Maquillage, coiffures : Sophie Carlier.
  • Production : Das Fräulein (Kompanie).
  • Coproduction : Théâtre national Wallonie-Bruxelles, Théâtre de Namur, Théâtre de Liège, MARS/Mons Arts de la scène, Le Volcan Scène nationale du Havre, Odéon-Théâtre de l’Europe, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, La Comédie de Reims, La Comédie de Caen, Espace Jean Legendre Scène nationale de l’Oise en préfiguration (Compiègne), Célestins Théâtre de Lyon, La Coop asbl & Shelter Prod (Bruxelles).
  • Avec le soutien de : ING, tax shelter du gouvernement fédéral de Belgique, Fédération Wallonie-Bruxelles.