Dès notre entrée dans ce gymnase (qui se situe à côté de la FabricA) il nous est proposé d’interagir avec nos smartphones pendant le spectacle. À partir du WiFi de la salle, il nous était demandé de nous inscrire sur le site de « Parthénon Story » pour pouvoir dialoguer avec la « production » de l’émission de télé-réalité qui allait se dérouler sous nos yeux. En fait, « Dans les ruines d’Athènes joue de l’actualité grecque et pose d’emblée le factice et le leurre comme échappatoires à la réalité. Ensevelis sous ce que l’on pourrait nommer les décombres des discussions de l’Union européenne et du Fonds monétaire international, des citoyens athéniens choisissent de s’enfermer dans un studio de télé-réalité et caressent l’espoir d’en sortir vainqueurs et d’obtenir ainsi l’effacement de leur dette bancaire. »

D’une part, au niveau de la scène, se déroule cette émission dans laquelle la société de production propose à 6 candidats (Cassandre, Ulysse, Antigone, Médée, etc.), jeunes Grecs tous endettés jusqu’au cou, de rembourser intégralement leur créance s’ils sortent vainqueurs du jeu. D’autre part, au niveau supérieur, se déroule la vraie histoire de la Grèce pendant ces 10 dernières années. Là, on retrouve des acteurs qui vont interpréter les rôles de Jean-Claude Junker, Christine Lagarde, Nicolas Sarkozy puis François Hollande, Angéla Merkel, Giórgos Papandréou, Loukás Papadímos et enfin Alexis Tsipras.

Sur scène, au rez-de-chaussée, c’est la débandade. Les sponsors de l’émission quittent le navire ou font faillite. Du coup les candidats pédalent pour avoir de l’électricité, la climatisation du « loft » tombe en panne, etc. Le moral en prend un coup et ils apprécient de moins en moins un jeu dont ils comprennent qu’ils seront en fin de compte les victimes. Toujours sur scène, mais à l’étage des dirigeants politiques, là aussi, après l’ère des oligarques dopés au néolibéralisme, vient la rupture « Tsipras » qui là encore courbe l’échine devant le rouleau compresseur de la triade...

Spectacle fort politique s’il en fut (mais jamais politicien), très intelligemment mis en scène, toujours inventif et créatif et qui place les citoyens au premier rang. Je fais partie des spectateurs qui ont beaucoup aimé cette pièce par ailleurs assez décriée. Mais peut-être que cela ne me gêne pas trop quand le trait est appuyé, voire plus. Oui, bien sûr, parfois il y a des longueurs, mais après tout ce sont des spectacles qui ont du contenu !

Si ce spectacle passe par chez vous, et si vous n’êtes pas « En Marche », n’hésitez pas à aller le voir.



La distribution :

Avec : Éléonore Arnaud, Julie Bertin, Lou Chauvain, Pauline Deshons, Pierre Duprat, Anna Fournier, Kevin Garnichat, Jade Herbulot, Lazare Herson-Macarel, Timothée Lepeltier, Élise Lhomeau, Antoine Louvard, Estelle Meyer, Morgane Nairaud, Loïc Riewer, Marie Sambourg

Conception et mise en scène : Julie Bertin et Jade Herbulot / Le Birgit Ensemble

Musique : Grégoire Letouvet, Romain Maron.
Scénographie : Camille Duchemin.
Lumières : Grégoire de Lafond.
Vidéo, multimédia : Pierre Nouvel.
Son : Lucas Lelièvre.
Costumes : Camille Aït-Allouache.
Assistanat à la mise en scène : Margaux Eskenazi.

Production : Le Birgit Ensemble.
Coproduction : Festival d’Avignon, MC2 Grenoble, Scène nationale d’Aubusson, Théâtre des Quartiers d’Ivry Centre dramatique national du Val-de-Marne, La Pop, La Comédie de Caen Centre dramatique national, TU-Nantes, Théâtre de Châtillon, Le POC d’Alfortville, Théâtre Gérard Philipe de Champigny-sur-Marne, Les Plateaux Sauvages (Paris), Copilote.
Avec le soutien : Drac Île-de-France, Conseil départemental du Val-de-Marne, Spedidam, SACD, et pour la 71e édition du Festival d’Avignon : Adami, Spedidam.
Avec la participation du Jeune théâtre national.


Les liens :

  • Le site du « Birgit Ensemble » sur Facebook.
  • Émission de la WebTV du Festival d’Avignon : « De l’engagement culturel à l’engagement dans la cité ».
  • Le mythe d’Europe, fille d’Agénor, sur Wikipédia.