J’avais, lors de la campagne municipale, dit tout le mal que je pensais (ICI) de la dimension écologique du programme de la candidate, devenue maire UMP de la ville de Villepinte. L’avantage pour notre « Martine » (au programme écologiquement déficient) c’est que la politique de la précédente équipe municipale était remarquable et qu’elle en récolte les fruits. Je m’en étais d’ailleurs fait l’écho ICI, à l’occasion de la fin du chantier de pose de panneaux photovoltaïques sur le toit d’un COSEC de Villepinte.

Dès son arrivée aux affaires en 2008, l’équipe municipale précédente avait lancé un double Bilan Carbone. Dans un premier temps celui de l’administration communale et dans un deuxième temps, celui du territoire communal. Au final était lancé, lors d’un bureau municipal d’octobre 2011 (parmi les nombreux qui traiteront des questions d’énergie et de climat) un certain nombre d’actions, qui placeront Villepinte parmi les « bons élèves » du territoire :

  • Le déploiement de panneaux photovoltaïques sur des bâtiments communaux.
  • L’élaboration d’un programme pluriannuel d’études et de travaux d’investissement de nature à réduire la consommation énergétique des bâtiments communaux.
  • Les premières études en vue de la mutation du réseau de chaleur de Villepinte vers des énergies renouvelables.

C’est en mai 2013, au vu de ces études, que la ville décidera définitivement la mise en œuvre d’une géothermie profonde pour son réseau de chaleur.

J’en profite pour attirer l’attention du lecteur, il ne faut pas confondre la « géothermie profonde » avec la « géothermie de surface » telle que je la mets en œuvre dans ma future habitation dans le LOT (voir mon article ICI). Dans le cas de Villepinte, nous avons affaire à une réserve d’eau chaude (dans les 70 °C) dont la chaleur sera immédiatement utilisable sans le passage par une pompe à chaleur. L’objectif n’est pas de chauffer un logement, mais 5 000 équivalents-logements. Nous ne sommes pas dans la même catégorie. C’est l’aquifère de la couche géologique du Dogger (située sous tout le bassin Parisien) qui est alors exploité pour alimenter ce type de réseau de chaleur. L’ensemble de ces opérations fournissent (avec ses 36 doublets actifs situés sur le territoire régional) de la chaleur pour environ 180 000 équivalents logements.

Il faut rappeler que, dans les années 1980, lorsque des villes se sont lancées dans cette aventure, le cumul des tâtonnements techniques, de la baisse du cours du baril de pétrole et du dollar ont mis certaines d’entre elles en grande difficulté. Les problèmes techniques initiaux rencontrés alors s’expliquaient par le côté encore expérimental de cette technologie. Il s’agissait principalement de problèmes de corrosion et de dépôts dans les puits, qui ont été surmontés au début des années 1990 avec la mise en place de traitements spécifiques.

Aujourd’hui, la situation a changé. La technique est à présent parfaitement maîtrisée, alors que les énergies fossiles de leur côté, sont devenues largement plus chères. Les collectivités et les usagers sont rassurés. Ainsi, après de nombreuses années sans nouvelles opérations, on constate un regain de l’exploitation géothermique depuis ces cinq dernières années. De nombreux projets de réhabilitation ou de nouvelles opérations sont actuellement à l’étude ou en cours de réalisation. D’ailleurs, la machine, une fois le nouveau forage de Villepinte terminé (cela ne va pas tarder), se déplacera de quelques centaines de mètres sur le territoire de Tremblay-en-France pour améliorer les performances de l’installation en place et ainsi lui donner une nouvelle vie.

La bonne nouvelle reste que le nombre de forages géothermiques progresse et donc la part d’énergie renouvelable aussi. En tout cas, si vous habitez Villepinte, prenez contact avec les services de la ville, et questionnez-les sur la possibilité de visiter l’installation du forage : c’est vraiment passionnant !

Enfin, si vous aviez compris que « Martine » était devenue une grande prêtresse de l’écologie, vous vous êtes trompé. Elle n’y est vraiment pour rien dans la mutation énergétique de Villepinte !


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