Dans cette logique, un des volets à traiter tout particulièrement est celui de l’énergie, l’objectif affiché étant d’avoir un logement dont la consommation pourrait être nulle (en n’utilisant pas d’énergie fossile) mais en n’écartant pas la possibilité éventuelle d’en produire. Nous avons opté pour une géothermie dite « de surface ». Dans un deuxième temps, il s’agira certainement de compenser l’électricité utilisée par une production photovoltaïque.

C’est une pompe à chaleur (PAC) géothermique basse température utilisant l’eau de la nappe hydrographique qui fournira l’essentiel de l’énergie dont nous avons besoin. Pour faire simple, il s’agit de transférer une quantité de chaleur d’un milieu, qualifié d’émetteur (fournisseur), ici l’eau extraite du sous-sol, vers un autre milieu, considéré comme récepteur. Celui-ci sera la source de chaleur de notre future habitation. Ainsi, à la sortie de la pompe à chaleur, deux sources de chaleur seront disponibles. D’une part, une eau chaude (de l’ordre de 35 °C) qui circulera dans les planchers chauffants du rez-de-chaussée et de l’étage. D’autre part, une source de chaleur permettant de produire l’eau chaude sanitaire (de l’ordre de 55 °C).

On définit l’efficacité d’une pompe à chaleur par le rapport de l’énergie produite (ici la chaleur disponible) sur l’énergie fournie à cette pompe à chaleur pour la faire fonctionner. Ainsi, le « coefficient de performance » (COP) est le rapport entre la puissance thermique obtenue et la consommation électrique nécessaire pour y arriver. Autre manière de le dire : le COP est le nombre de kWh produit pour 1 kWh consommé. Par exemple, une pompe à chaleur ayant un COP égal à 3 produit 3 kWh de chaleur par kWh d’électricité consommé. Le système que nous nous proposons de mettre en place a un coefficient de performance (COP) proche de 5 ! C’est un des systèmes de PAC au COP dans les plus performants. À titre de comparaison, avec un chauffage électrique avec convecteur on considère que pour fournir 1 kWh de chaleur on doit consommer de l’ordre de 2,58 kWh d’énergie électrique. Avec la pompe à chaleur envisagée avec les mêmes 2,58 kWh d’énergie électrique, on devrait fournir 13 kWh de chaleur.

Cela dit, pour faire fonctionner cette pompe à chaleur, il nous faut de l’électricité, mais surtout de l’eau, celle située dans la nappe, dans le sous-sol. D’où la nécessité de forer deux puits : le premier pour le captage de l’eau, le second pour le rejet de l’eau une fois refroidie. Ce dernier est distant d’une dizaine de mètres de l’autre. L’eau remontée par une pompe immergée est stockée dans un ballon sous pression et alimente à son tour deux choses : la pompe à chaleur et un réseau d’eau dite « non potable ». Ce réseau alimentera les toilettes, les robinets d’arrosage, les machines à laver, etc. En fait, nous respecterons strictement la loi, et même si nous pensons que cette eau est très certainement potable (il conviendra rapidement de vérifier cette hypothèse) nous ne la consommerons pas.

Le hasard fait bien les choses : le village d’Anglars a parmi ses entreprises locales l’unique entreprise de forage agréée par le BRGM du Lot : Delta Forages. C’est donc elle qui est venue mercredi matin forer les deux puits. À l’heure où je rédige ces lignes, la mission est presque terminée. Il ne reste qu’à construire les regards autour des têtes de puits, d’équiper le puits d’extraction d’une pompe et de construire les canalisations qui amèneront de l’eau à notre futur logement.

En tout cas, voici démarré un chantier qui devrait nous conduire à emménager début 2016 dans un logement remarquable vous dis-je...
Je ne manquerais pas de vous tenir informés de l’avancée de cette aventure !


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