Il faut reconnaître que le clocher de cette église (classé monument historique par arrêté du 3 février 1930) ressemble plus à la tour d'un château qu'à un traditionnel clocher d'église. Rien d'élégant dans ce clocher, mais du massif et du lourd... Nécessité fait certainement loi en la matière.

Eglise Saint-Martin à Anglars (Lot)

Si j'en crois mes différentes lectures, indispensables pour donner du contenu à ce billet, il est attesté qu'un prieuré de moines bénédictins existait à Anglars en 972. Ce prieuré sera dans un second temps uni à l'abbaye de Fons (village situé à une dizaine de kilomètre de là), dépendant elle-même de l'abbaye Saint-Sauveur de Figeac (distante d'une vingtaine de kilomètres). Ultérieurement le prieuré est réduit au rôle de simple dépendance, réservée aux religieux de Fons. De l'église romane de cette époque ne subsisterait donc que cette tour-clocher qui daterait de la fin du 12e siècle ou du début du 13e.

Eglise Saint-Martin à Anglars (Lot)

Si j'en crois cette fois la base Mérimée, à la fin de la guerre de Cent ans, les bandes anglaises s'emparèrent d'Anglars d'où elles rançonnaient le pays. L'église fut brûlée à cette époque et le dernier étage du clocher détruit. La dégradation de ce bâtiment continua pendant les guerres de Religion.

L'église Saint-Martin sera en grande partie reconstruite vers 1620, ce que confirmeraient les armoiries « mi-parties » des familles de Corn et de Turenne d'Aynac présentes sur une clef de voûte du bas-côté nord. En effet les travaux auraient été commandités par Mercure II de Corn, seigneur d'Anglars, et sa seconde épouse Suzanne de Turenne d'Aynac. L'édifice serait un bel exemple de construction gothique au début du 17e siècle. Les voûtes détruites de la nef et du chœur auraient été remplacées par un plafond au 18e siècle. Le faux-appareil peint de la nef est signé et daté Galtié J. 1954.

Le clocher-tour, dans lequel est ouvert le portail d’entrée constitue la seule partie médiévale conservée de l’église. La nef est flanquée au nord et au sud de deux travées de chapelles latérales qui forment des bas-côtés. Le clocher-tour s’élève aujourd’hui sur trois niveaux : un rez-de-chaussée voûté, un étage comportant une tribune ouverte sur la nef, un étage correspondant à la chambre des cloches. D’une apparente régularité, le plan du clocher est en réalité trapézoïdal.

Un ensemble architectural imposant et bien qu'hétéroclite qui en dit long sur le passé du village et tout compte fait de notre passé.

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