Tout d’abord, un mot sur Frank Owen Goldberg, né le 28 février 1929 à Toronto, qui change de nom en 1954 et devient « Frank Owen Gehry ». Cet architecte américano-canadien (aussi professeur d’architecture à l’Université Yale aux États-Unis) est à ce jour un des grands architectes à la réputation mondiale. Ses constructions sont en règle générale remarquées pour leur originalité. Sa propre résidence est par exemple devenue une attraction touristique. Parmi les bâtiments les plus connus de Gehry en Europe, il y a bien sûr le Musée Guggenheim (Bilbao) en Espagne. En France, sauf erreur de ma part, il n’a commis que 4 œuvres :
— Le Festival Disney (Disney Village) à Marne-la-Vallée (1989-1992).
— L’American Center de Bercy à Paris qui deviendra l’actuelle Cinémathèque française (1993).
Le Téléphone, sculpture en forme de fleur installée sur le pont de Garigliano à Paris, accueillant une cabine téléphonique n’ayant pas d’autre fonction que de recevoir les appels de Sophie Calle (2006)
— La Fondation Louis Vuitton pour la création (2014)

C’est en 1935 que Henri Langlois et Georges Franju qui, depuis des années, récupéraient et sauvaient de vieilles copies de films, créent un ciné-club intitulé le Cercle du cinéma, pour montrer et faire connaître les œuvres du passé. L’année suivante, le 2 septembre 1936, naît la Cinémathèque française qui se doit de conserver, si besoin est de restaurer et surtout de montrer les œuvres cinématographiques d’autrefois. En plus des films, la Cinémathèque se met à collectionner tout ce qui a rapport au cinéma : caméras, affiches, publications, costumes, etc. Enfin, après plusieurs vicissitudes et autres déménagements, la Cinémathèque française s’installe au 51 rue de Bercy à Paris, dans l’ancien bâtiment de l’American Center le 28 septembre 2005.

Que dire de l’exposition François Truffaut ? Tout le monde connaît ce cinéaste et a vu un ou plusieurs de ses films. C’est une des légende du cinéma français et, du coup, on pouvait s’attendre à une exposition en lien direct avec le cinéma, avec l’image, etc. On aurait pu comprendre une démarche comparant l’approche, la mise en scène, le montage, les dialogues, etc. de Truffaut avec d’autres réalisateurs, français ou étrangers. Une exposition qui nous questionnerait sur l’originalité de sa démarche, pourquoi ses films sont différents, originaux, etc. Rien de tout cela dans l’approche de Serge Toubiana, biographe attitré de l’auteur et directeur de la Cinémathèque française. Il a manifestement préféré nous montrer le cadre de vie du réalisateur : sa bibliothèque, son bureau, les objets qui devaient meubler sa vie (et celle des professionnels de son époque), des lettres reçues, des notes prises, etc. A-t-il voulu, comme le dit le critique du Monde, prendre en compte chez Truffaut : « la religion poignante de la chose écrite (lecteur assidu, producteur épistolaire échevelé, archiviste intempérant) » ? Serge Toubiana nous inonde de papiers, de fac-similés, de reproductions de documents écrits, complétés par des photographies et des extraits de films.

Je n’ai pas appris grand-chose de plus sur François Truffaut réalisateur, même si j’en sais plus sur l’homme. Mais alors pourquoi cette exposition précisément à la cinémathèque, haut lieu de l’image et du CINÉMA ? Elle aurait pu se monter dans n’importe que lieu ! Elle m’aura au moins permis de découvrir une magnifique architecture, celle de Frank Gehry.

Bon il n’y a pas qu’à l’occasion des expositions, que l’on peut voir et revoir des films de François Truffaut ? Du coup, je suis allé faire mon marché à ma médiathèque préférée !

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