Toutes déjà membres du « Front de Gauche », cinq composantes : « Les Alternatifs », « Convergence et alternatives », la « Fédération pour une alternative sociale et écologique », « Gauche anticapitaliste », et « Gauche unitaire » ainsi qu’un ensemble de militants non « encartés » ont tenu des assises afin de construire ce nouveau mouvement politique. « Ensemble » pour une alternative de gauche solidaire et écologiste deviendra donc la troisième composante du « Front de gauche » aux côtés du PCF et du PG.

Ce mouvement se donne un an pour préfigurer une grande organisation politique en rupture avec ce qui s’est fait jusqu’à ce jour. Le fonctionnement y sera plus démocratique, la place et le rôle de l’individu étant au centre de tout. Chaque personne comptera (un homme = une voix) et la parité homme / femme sera obligatoire dans toutes les instances, quels que soient leur niveau. La recherche d’un consensus sera le moteur de la prise de décisions. Mais consensus pris non pas dans le sens de « plus petit dénominateur » ou de la pensée unique, mais consensus pris dans le sens où une décision majoritaire peut être prise, même si un groupe n’est pas en complet accord, sans pour autant s’y opposer.

Cette organisation ne sera pas structurée verticalement, mais autour de collectifs locaux, éléments de base, qui auront une large autonomie de décision. L’adhésion individuelle à ces collectifs permettra de rassembler les membres des organisations fondatrices et s’ouvrira largement aux individus isolés, syndicalistes, associatifs, altermondialistes qui pour autant ne souhaiteraient pas être encartés.

L’exécutif politique sera assuré par un collectif national d’une trentaine de personnes, composé à terme de représentants des collectifs locaux. Pour la première année de fonctionnement, ce collectif comprendra 20 personnes représentant les 5 organisations fondatrices à parité (2 hommes et 2 femmes par organisation) et une dizaine de personnalités isolées ou de représentants de collectifs locaux. La parole publique de cet exécutif sera assurée par un « porte-parolat » de 5 ou 6 personnes.

L’information et la participation des membres du mouvement au débat interne utiliseront pour l’essentiel les nouvelles technologies de l’information. Un site web (qui devrait prochainement ouvrir) privilégiera la prise de parole individuelle de toute personne qui voudra y participer. L’organisation de ce mouvement est bien différente des autres, parce que non centralisée (comme celle du PCF) ou avec des tendances (comme celle du PS). Ce n’est pas essentiel, mais cela en dit long sur les valeurs portées.

Pour ce qui est du contenu politique, un débat assez riche a eu lieu sur différents textes suffisamment complets (y compris des amendements) déjà en circulation auprès des membres des structures fondatrices. Du coup le débat tourne sur des propositions qui pourraient apparaître comme secondaires, tant l’essentiel est déjà traité. Quelques points des discussions ont attiré mon attention, car je n’en avais pas encore mesuré l’importance.

  • Une enseignante aborde la question de la gestion des ressources humaines par le stress (voir à ce sujet l’essai de Yves Gitton, professeur de littérature française à l’université de Grenoble : « Renverser l’insoutenable ») et explique qu’à ce jour on compterait 28 suicides d’enseignants. L’importance de ce nombre met l’Éducation Nationale à égalité avec France-Telecom. Elle explique comment, dans les rapports sur ce sujet, l’encadrement de l’établissement dans lequel un de ses collègues s’est suicidé ne parle jamais de « suicide », mais simplement de « décès ».
  • Une militante demande que l’on indique clairement notre volonté de voir la France se positionner comme terre d’accueil pour les homosexuels venant de pays dans lesquels l’homosexualité est considérée comme un délit. À cette occasion, j’apprends qu’encore 80 pays punissent l’homosexualité d’une peine de prison et 7 pays de la peine de mort (Mauritanie, Soudan, Yémen, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Iran et Irak) !


Le dimanche matin, nous avions une réunion d’un groupe de travail spécifique sur l’écologie, mais j’y reviendrai...

« Ensemble », on va y arriver !

Les liens :