L’affaire aurait pu en rester là, mais ce n’est pas connaître ce député-maire qui, en vertu de son arrêté anti-mendicité (salauds de pauvres !) porte immédiatement plainte, pour insulte, vente à la sauvette. Il se constitue partie civile. Et ce qui devait arriver arriva : le 14 mars dernier, Françoise Puyau-Puyalet est condamnée à 800 euros d’amende avec sursis et 1 euro symbolique de dommages et intérêts. Yanick Paternotte n’est pas présent à l’audience. La vieille dame a fait appel.

Si j’en crois la presse (le Parisien), le verdict a satisfait ce maire : « Il y en a marre de se laisser insulter impunément. On lui avait déjà proposé de régulariser sa situation en intégrant le stand d’une association caritative. Elle avait refusé. » Françoise Puyau-Puyalet rétorque : « En six mois, je n’ai vu qu’un monsieur qui est venu me dire que, tant que je ne troublais pas l’ordre public, c’était OK. Et puis, je n’aurais jamais parlé comme ça s’il avait été poli et si j’avais su qui il était. Moi, j’habite Argenteuil, je ne connais pas le maire de Sannois. »

Décidément le maire de Sannois a de drôle de relations avec les vieilles dames et la justice. Comment oublier qu’il a été lui-même condamné le 9 novembre 2012 par le tribunal correctionnel de Nanterre à quinze mois de prison avec sursis et 10 000 € d'amende et une peine complémentaire de deux ans d'inéligibilité si le jugement est confirmé. Suivant le Parisien, « le maire de Sannois, président de la commission des recours de l'UMP, proche de Jean-François Copé, a été reconnu coupable d'abus de faiblesse pour avoir bénéficié, en 2004, de la donation de Lucienne Kielar, une vieille dame de 91 ans. Dans des conditions suspectes aux yeux de la justice, elle a fait donation des 3/10es de la Feuilleraie, une propriété située au sommet de la butte des Châtaigniers à Sannois. La valeur de la donation a été estimée à 210 000 €. » Là aussi l'ex-député du Val-d'Oise, maire de Sannois, n'était pas présent lors du délibéré.

J’ai pour ma part croisé plusieurs fois ce maire à l’occasion de réunions professionnelles. Lors de réunions à la DGAC (direction générale de l'aviation civile) à Paris où il garait ostensiblement sa voiture en stationnement interdit devant l’immeuble ! Il faut dire qu’il était alors député de la « sarkosie »... Mais aussi lors d’une la réunion de la commission particulière du débat public sur le « Grand Paris Express » où il ne supportait pas que le président de séance ne lui donne pas la parole en priorité ! Il avait tellement de choses importantes à dire. En particulier soutenir la gare du « Triangle le Gonesse » qui s’avère particulièrement inutile !

Comme disait le poète : 

« Selon que vous serez puissant ou misérable... »

Mais si pour une fois, la justice suivait son cœur ?

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