Le 2 novembre vers 19 heures, un incendie criminel détruit le véhicule personnel d'un responsable d'atelier au centre technique municipal. Il est en stationnement sur le parking de l'hôtel de ville, à cette heure il participe à une réunion de travail.

Le 5 novembre, vers 21 heures, un bus d'une des plus importantes lignes de bus du secteur est victime d'un incendie volontaire alors qu'il s'arrête pour prendre des passagers au coeur de la cité. Le chauffeur âgé de 51 ans, domicilié de longue date dans le quartier, n'écoutant que son courage fait sortir les passagers et éteint l'incendie !

Mardi dernier, en plein jour, deux individus cagoulés pénètrent dans la "boutique-emploi", service municipal chargé d'aider les jeunes à trouver un emploi, se font remettre, sous la menace, l'ordinateur portable du responsable qui travaillait dans son bureau.

Jeudi 23 novembre en début de soirée, sur le chemin de la gare, un ingénieur territorial s'est fait agresser, voler ses papiers et son sac. Il reste plus de 24 heures en observation à l'hôpital.

La liste est longue et n'est malheureusement que partielle. Cet ensemble à reclasser dans un cadre plus large. : vols à la tire dans les rues, dépecage de voitures au parking de la gare, dégradation volontaire de bâtiments et de biens publics (école, maison de quartier, abri bus, mobilier urbain, etc). Nous ignorons certainement tout des nombreuses agressions dont sont victimes les habitants de la cité.

Ces actes agressifs sont scandaleux et font le lit des forces de l'extrême-droite, et servent de terreau aux idées racistes. Nous ne pouvons admettre de travailler ou de vivre dans ce quartier sous la tyrannie de petites bandes de malfrats qui confondent des actes de délinquance avec le dur combat que d'autres mènent quotidiennement pour se faire reconnaître . S'ils ont de justes raisons de se plaindre de la politique conduite par le gouvernement et son ministre de l'intérieur, la bonne manière d'y mettre fin n'est certainement pas dans l'incendie de l'école du petit frère, ou du bus conduit par le père !

Même si nous en partageons la nécessité, la solution de cette situation n'est pas que dans la construction de grilles qui enferment, la pose de caméras qui surveillent, mais dans le sursaut citoyen des personnes qui habitent et travaillent dans la cité.

Je pense pour ma part, que cela peut passer par un rassemblement pacifique et silencieux dans un lieu symbolique de la cité. Il ne s'agit pas de susciter une réaction de type "auto-défense" mais de stigmatiser, et d'isoler la bande de déliquants qui pourrit la vie des habitants.

Ne rien faire c'est laisser la place au repli sur soi, à la recherche de solutions individuelles, voire la fuite du 9-3 pour des quartiers plus tranquilles (1), au pire la recherche de solutions extrêmes.

Il me semble indispensable de refaire de la "politique" dans ces quartiers. Ce type de manifestation y participe sous réserve qu'un ensemble de forces y soient présentes : services communaux, départementaux, services de l'Etat (éducation nationale, trésor public, ANPE, etc), partis politiques (PS, Les Verts, PCF, etc), organisations syndicales(CGT, CFDT, FO, etc), associations (ATTAC, etc) entreprises, commerçants et plus largement l'ensemble des habitants des quariers.

Non, on ne va pas se laisser pourrir notre ville !

(1) - Ce secteur de la Seine-Saint-Denis et plus largement de la plaine de France, sont des territoires que la population fuit, en particulier les couches moyennes et les retraités.