Avignon IN : Claire, Anton et eux...

Le titre de cette pièce m’a laissé perplexe, et je ne le comprends toujours pas ! « Claire, Anton et eux... » est l’un des 4 spectacles où sont impliqués les élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique dans le festival IN. C’est ce mardi 18 juillet, au Gymnase du Lycée Saint-Joseph, que j’ai vu cette merveille. Pour en revenir au titre, j’ai compris la présence de « Claire » : c’est le prénom de la directrice du CNSAD (Claire Lasne Darcueil). Idem pour « eux » : je pense qu’il s’agit des élèves. Mais, je dois avouer que je ne sais pas ce que « Anton » vient faire dans cette affaire (le rapport à Tchekhov serait évident) !

Les élèves du conservatoire sont présents cette année dans au moins deux des 4 spectacles. Ils ne font que participer à « On aura tout » avec Christiane Taubira et Anne-Laure Liégeois, et sont dans trois pièces. Premièrement « Roberto Zucco » de Bernard-Marie Koltès, dans une mise en scène de Yann-Joël Collin, deuxièmement « Impromptu 1663, Molière et La Querelle de l’école des Femmes » à partir de texte de Molière, mis en scène par Clément Hervieu-Léger, et enfin « Claire, Anton et eux » texte et mise en scène de François Cervantes. En fait j’ai assisté à la représentation de ces deux derniers spectacles. Avec le Molière, si l’interprétation est brillante, l’intérêt de monter ce texte ne m’a pas paru indispensable. Mais il faut admettre que je ne suis vraiment pas un spécialiste de Molière et de cette période.

Par contre ce troisième spectacle m’a emballé. Dans un décor réduit à sa plus simple expression, François Cervantes (auteur et metteur en scène) a demandé aux quatorze jeunes acteurs du Conservatoire de raconter leurs histoires personnelles. « Grâce à un travail spécifique sur la mémoire corporelle, chacun a convoqué les êtres qui ont fait leur vie : familles de sang, familles poétiques... Tous reviennent d’un XVIe, d’un XXe siècle... et le plateau est leur multitude. “Le travail de l’acteur est d’offrir l’hospitalité”, aime à dire le metteur en scène qui défend la nécessité et la responsabilité de sa corporation : toujours donner une juste place aux histoires pour répondre à l’urgent besoin de se parler. »

Ainsi ils se présentent et se racontent (comme pour de vrai) ce qu’ils sont, ce qui leur est arrivé quand ils étaient enfants ou ados, leurs aventures, leurs émotions, etc. Mais aussi, ils envisagent leur avenir, leur vie professionnelle et même leur vieillesse. Tout ceci est représenté d’une manière intelligente et sensible, de sorte « que tout ce qui sort de leur âme est passionnant ». Tout ceci raconte « des existences qui exhalent la fureur de vivre et une vision heureuse du futur presque entièrement disparu des scènes de théâtre. » Télérama en rajoute : « il est question d’amitié, de collectif, de métissages, d’une France d’aujourd’hui qui renvoie à des origines historiques et géographiques ». Et François Cervantès de conclure : « Tout est histoire de groupes sanguins et de métissages qui existaient de fait. »

Un spectacle émouvant et touchant où l’humain est au centre.

La distribution :

  • Avec : Gabriel Acremant, Théo Chédeville, Louise Chevillotte, Milena Csergo, Salomé Dienis Meulien, Lucie Grunstein, Roman Jean-Elie, Jean Joude, Kenza Lagnaoui, Sipan Mouradian, Solal Perret-Forte, Maroussia Pourpoint, Léa Tissier, Sélim Zahrani.
  • Mise en scène : François Cervantes.
  • Dramaturgie : Renaud Ego.
  • Lumière : Lauriano de La Rosa.
  • Costumes : Camille Aït Allouache.
  • Production : Conservatoire national supérieur d’art dramatique.

Les liens :

  • Le site du Conservatoire national supérieur d’art dramatique.
  • L’interview de Claire Lasne Darceuil (directrice du CNSAD) sur le spectacle :
  • Une courte vidéo du spectacle « Claire, Anton et eux ».

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