L'exposition Robert Mapplethorpe au Grand Palais

Jeudi 17 avril je suis allé voir, avec deux amis, l'exposition Robert Mapplethorpe au Grand-Palais (du 26 mars au 13 juillet 2014). Je souhaitais voir cette exposition pour deux raisons. D'une part, parce que dans les années 80, quand je m’intéressais à la photographie, ses photos me fascinaient et parce que d'autre part, ma rockeuse préférée Patti Smith a, pendant un temps, partagé sa vie. Elle a d’ailleurs participé en personne à l’inauguration de cette exposition.

Pour les ignorants, Robert Mapplethorpe est un artiste américain surtout connu pour ses photographies. Né à Floral-Park (État de New York)le 4 novembre 1946 dans une famille catholique, il est le troisième enfant d'une fratrie de six. Il meurt du sida le 9 mars 1989 à Boston (État du Massachusetts), il a alors quarante-deux ans. C’est à 18 ans qu’il rentre au « Pratt Institute » de New York ou il étudie le dessin, la peinture et la sculpture. Il rompt rapidement avec sa famille, renonce au dessin publicitaire (voie que son père avait décidée pour lui) et s'installe à New York où il vit d'expédients. Il découvre rapidement le cannabis et le LSD. C'est en 1967 qu'il rencontre Patti Smith avec laquelle il vivra pendant 3 ans. Ils resteront amis jusqu'à ses derniers jours.

C'est en 1970 qu'il se lance dans la photographie avec un appareil Polaroïd. Sa première exposition date de 1973 et rapidement l'entreprise Polaroïd lui attribuera une bourse et la gratuité de fournitures. En 1975 il acquiert un appareil photographique « Hasselblad » grand format et commence à photographier ses amis et connaissances, essentiellement des artistes. Quand en 1975 Patti Smith, qui vient de créer le « Patti Smith Group », sort son premier album « Horses » (avec lequel elle obtiendra le Prix Charles Cros), c'est lui qui va réaliser la pochette. Début 1980 il se lance dans une série de photographies très élégantes, sur des portraits et des corps de nus tant féminins (en particulier de Lisa Lyon la première femme championne de bodybuilding) que masculins, des natures mortes, des fleurs, etc. En 1986 Robert Mapplethorpe apprend qu'il est porteur du virus du SIDA. En 1988, il crée la « Mapplethorpe Fundation » avec pour objectif de faire connaître la photographie et de soutenir financièrement la recherche sur le SIDA. Il décède un an après (1989) alors âgé de 42 ans.

Que dire des photographies de Mapplethorpe ? Je trouve que ce qui les caractérise c’est leur froideur, leur esthétisme, la recherche de la forme (des fleurs, des corps), la confrontation de ces formes (crâne blanc et crâne noir) le grain des choses (les pores de la peau ou le velouté des pétales). Tout est impeccable, propre, pas de désordre dans la composition. Le cadrage a été travaillé. Même les vêtements de cuir des photos sado-maso (dans un espace de l’expo interdit au moins de 18 ans) sont parfaitement propres (pas de trace d’humeur corporelle), mettant hors sujet toute idée de pornographie. D’une certaine manière les corps auraient pu être des sculptures, et le grain de la peau remplacé par celui de la pierre. D’ailleurs c’est le cas dans une ou deux des images exposées.

Certainement la recherche esthétique poussée à ce point semble contradictoire avec l’idée même d’humanité. Quelle distance avec la vie, les corps sont trop beaux (je pense à la série de photos des nus de Lisa Lyon), pas de « gras du bide », que des « tablettes de chocolat » !

En sortant, dans l’espace boutique, les organisateurs avaient glissé dans les livres en vente, quelques ouvrages du photographe anglais Bill Brandt (3 mai 1904 – 20 décembre 1983). J’avais, alors jeune homme, appris quelques rudiments de photographie et nous avions beaucoup travaillé sur les images de ce photographe, en particulier l’usage du grand angle et le grain de la matière. Il est intéressant d’avoir rapproché le travail de ces deux photographes.

Courez voir cette exposition.

À noter également que le musée Rodin dans une exposition (du 8 avril au 21 septembre 2014) confronte le travail de Robert Mapplethorpe (102 photographies) et 50 sculptures de Auguste Rodin.

Les liens :
L’exposition Mapplethorpe au Grand-Palais
L’exposition Mapplethorpe / Rodin au musée Rodin
La visite guidée de l’exposition par Patti Smith pour le compte de Télérama
Le site de la fondation Robert Mapplethorpe
Le site officiel de Patti Smith

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