L’hyperréalisme de Ron Mueck.

J’ai profité de la prolongation de l’exposition du sculpteur Ron Mueck jusqu’à fin de ce mois, pour me rendre ce jeudi 17 octobre à la Fondation Cartier ou étaient exposées 9 de ses œuvres. Il faut l’avouer tout de suite je suis sorti émerveillé de ce que j’avais vu et fan de cet artiste et de son travail.

La Fondation Cartier

Je n’avais encore jamais vu ce type de travail. Ce qui est fascinant dans ces sculptures, ce n’est pas tant l’hyperréalisme de la réalisation, la finesse des détails, les détails de la peau, les ongles, la pilosité du corps, etc. Cela on peut aussi le voir dans les personnages de cire du musée Grévin. Avec Ron Mueck c’est le côté vivant de ces personnages, leur présence, leur regard, ce qu’ils vous transmettent comme sentiments. Dans l’interview qu’il accorde à l’occasion de la mise en place de son exposition (dont on trouvera la vidéo ici), David Lynch, le metteur en scène, parle du « poids » des personnages représentés. Ils ont une histoire, un passé, ils sont là et c’est ce qu’il y a de fascinant dans cette exposition. Tous ces personnages sont vivants, ils nous transmettent une portion de la vie quotidienne et l’on ne peut s’empêcher d'inventer une histoire à leur sujet.

Cela on ne le fait pas devant une marionnette de cire du musée Grévin. On est juste impressionné par la ressemblance à des humains. Avec Ron Mueck, ils sont humains.

Au rez-de-chaussée c’est la sculpture « couple under an umbrella » (on l’aperçoit de l’extérieur) de quatre mètres sur trois qui est de loin la plus impressionnante. Elle l’est par la taille (les visiteurs sont renvoyés au stade de lilliputiens), mais c’est la seule où je me suis senti « voyeur » scrutant tous les détails (les ongles des pieds et des mains par exemple, les plissements et la pigmentation de la peau) de ces deux personnages qui, allongés sous leurs parasols, ont une immense tendresse l’un pour l’autre. Ils se foutent complètement de ces humains qui leur tournent autour et les inspectent sous toutes les coutures.

Au sous-sol la sculpture « Man in a boat » de cet homme placé nu à la proue d’une vraie barque, scrutant l’horizon m'a tout autant impressionné. Il est inquiet cet homme seul qu’il est dans son embarcation. Ce doit être l’aube, il doit y avoir du brouillard et il ne sait pas trop où les courants le mènent. Il est persuadé que son aventure incertaine va certainement mal se terminer.

Enfin, la visite du musée comprenait la projection (toujours au sous-sol) d’un long métrage du photographe Gautier Deblonde : « Still Life : Ron Mueck at work ». Ce reportage (dont on trouvera des extraits sur YouTube montre le travail colossal que représente la fabrication de ses œuvres. Un travail d’artisan, long et minutieux, qui permet d’aboutir à l’œuvre finale.

Ron Mueck, né en 1958 à Melbourne, est d’origine australienne, mais travaille à Londres depuis de nombreuses années. Fils de fabricants de jouets en bois et de poupées de chiffons, il commence sa carrière dans l'industrie du spectacle et de la télévision avec des marionnettes et a collaboré au « Muppet Show ». Il ne commence une carrière artistique qu’en 1998.

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