Usager d'un service et financement de ce service !

Dans l'ultime commentaire qu'il faisait sur mon dernier article, Simon me rappelait, quant au coût du service de qualité que nous serions en droit d'attendre du RER B (j'avançais mon exigence du « toujours plus » du « fromage ET dessert »), qu'il préférait s'en tenir à celle de la science économique « il n'y a pas de repas gratuits », en gros, que tout a un coût.

Comment être contre cette affirmation ? Effectivement, rien n'est gratuit, tout service, toute prestation a un coût !

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Est-ce pour autant le consommateur qui doit payer « toute » la prestation ? Quand je vais au restaurant, sauf si je suis invité, c'est moi qui paie la note présentée par le restaurateur (mais aussi ma participation à son profit!).

Quand je vais à la piscine municipale, ou quand je prends les transports en commun ce n'est déjà plus la même chose, je ne paie plus la réalité du prix ! Heureusement d'ailleurs, car autrement peu de gens pourraient aller à la piscine ou prendre les transports en commun.

La Cour des Comptes précise dans son rapport « Les transports ferroviaires régionaux en Île-de-France » de novembre 2010 que « chaque trajet réalisé induit un besoin de financement non couvert par les tarifs de 1,9 euro pour le réseau SNCF-Transilien et en moyenne 60 centimes pour les réseaux RATP. »

Comme on le voit, on est loin du prix réel du voyage. Alors qui finance le transport public en Île-de-France ?

Sur le schéma ci-dessous, qui représente les recettes de fonctionnement du transport public pour l'année 2009, on constate que la part payée par l'usager représente 38,5 % de la recette. À noter que cette part se décompose elle-même entre celle qui est payée par l'usager (29,9 %) et celle qui peut-être prise en charge par l'employeur, via le remboursement de titres de transport). Le reste de la dépense est assuré par le versement transport (37,9 %), par les collectivités locales (20,6 %) et par diverses autres recettes (publicité, contraventions, etc.) pour 3 %.

Ventilation des recettes de fonctionnement du transport collectif en IdF (STIF)

Pour dire les choses autrement, l'usager réel prend en charge 38,5 % de la dépense, le contribuable 20,5 % et les entreprises 37,9 %. Même si l'emploi n'est plus une cause essentielle des déplacements, il n'en reste pas moins qu'ils représentent un investissement important en temps (42 %) et en distances parcourues (54 %). Fortement concentrés aux périodes de pointe, ils dimensionnent les réseaux de transport. Le graphique ci-dessous montre le poids essentiel des heures de pointe, mais aussi clairement la croissance des transports publics aux heures creuses.

Ventilation horaire du transport collectif en IdF (IAURIF)

La question qui peut alors se poser est la suivante : comment augmenter les recettes ? Notons quand même que les entreprises, qui dimensionnent lourdement le transport public ne participent qu'à hauteur de 37,9 % ddu financement. Un chantier est à ouvrir sur l'augmentation du versement transport, mais c'est une autre histoire. Il faudra certainement que je revienne sur cette question.

Je ne sens pas, dans ce contexte de crise où il semble politiquement correct de ne pas blesser nos chers « pigeons », les élus de ma sensibilité se mobiliser sur la question de l'augmentation des recettes du transport public. Il faut très certainement baisser encore la part payée par les usagers. Pour ce faire, il faut augmenter d'une manière conséquente la part des autres participants. Dans le modèle actuellement il n'y en a que deux : les entreprises et les contribuables.

Commentaires

1. Le lundi 7 janvier 2013, 17:14 par Simon

Bonjour,

Ce n'était pas le sens de mon propos, ou du moins cela mérite des précisions. L'expression "il n'y a pas de repas gratuits" ne se résume pas uniquement à "tout à un coût", mais plus précisément qu'il y a aussi des coûts d'opportunité.

Le coût d'opportunité de l'usage d'une ressource économique est la valeur d'un usage alternatif de cette ressource (un usage ayant un rendement différent par exemple). Donc la question de l'efficacité (quels sont les usages alternatifs ?) est centrale.

Un exemple de coût d'opportunité : l'éducation. Lorsque j'investis dans une année d'éducation supplémentaire, cela a un coût direct certes, mais je renonce également à un salaire annuel donné (qui dépend de mon stock existant de capital humain). Le coût direct n'est pas le seul élément à prendre en compte.

Cordialement

S.

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